Tiers payant généralisé, ce n'est pas encore pour demain

Malgré l'initiative de la ministre de la santé, Marisol Touraine, qui a fait entamer les discussions sur la généralisation du tiers payant, cette mesure provoque (comme il fallait s'y attendre) de vives objections de la part des syndicats médicaux, qui appréhendent de futures contraintes techniques et administratives.

Les représentants des organismes assureurs craignent que le décret qui en résultera leur impose de prendre en charge les dépassements d'honoraires dans le cadre du contrat d'accès aux soins (CAS). Cette mesure entraînant une inévitable hausse des cotisations des assurances complémentaires santé.

Grande idée + complexités techniques + divergences politiques = longs palabres d'où un prévisible retard à l'allumage qui n'est pas sans nous rappeler l'usine à gaz du dossier médical personnalisé

Le tiers payant généralisé

La complexité technique n'est pas insurmontable, il suffit d'intégrer les références des organismes chargés de la gestion des contrats complémentaires et le N° de l'assuré sur la carte vitale 2. Cette nouvelle génération de cartes vitale à la capacité (si la CNIL n'y voit pas d'objection) d'intégrer ces renseignements.

Seulement voilà... Il y a encore des assurés qui en sont restés à la carte Vitale1 !

Optimiste, la ministre de la santé a annoncé que les dispositions techniques de la généralisation du tiers payant chez le médecin seront esquissées au printemps 2014 pour les assurés aux revenus modestes (bénéficiaires de la CMU-Complémentaire et de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé ACS) et cet été pour le reste de la population. L'objectif déclaré du gouvernement est de permettre aux Français, dans leur ensemble, de plus avoir à avancer d'argent lors d'une consultation médicale d'ici à 2017.

Reste à savoir si les médecins, traditionnellement hyper conservateurs, accepteront sans contrepartie un alourdissement de leurs tâches de fonctionnement ?

Reste à savoir si ces mêmes médecins accepteront 2 paiements différés pour un seul acte quand on pense que certaines caisses d'assurances maladie rechignent encore à pratiquer la télétransmission avec tous les organismes complémentaires ou demandent des tarifs usuriers pour la mettre en place.

Il serait grand temps que l'état mette au pas ces caisses privées qui gèrent l'assurance maladie obligatoire !

Dernière remarque, plusieurs études ont prouvé que la pratique du tiers-payant avait un coût et qu'elle avait une fâcheuse tendance à déresponsabiliser le patient.

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